Hommage à Cécile DELMAS et à sa fille Louise Cécile
Pour répondre au généathème de généatech, voici une histoire d'amour qui se termine bien : je ne peux m’empêcher de penser à Cécile DELMAS et à sa fille Louise Cécile.
Cécile est la tante de mon arrière arrière grand-père ou la soeur de mon arrière arrière arrière grand-père.
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Elle est donc la fille aînée de Marc DELMAS et Elisabeth HERAL, née à Albi.
Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion d’aller à Albi, (outre le côté généalogique qui m’attire toujours, cette ville vaut vraiment la peine d’être visitée) mais ce ne sont pas les pavés qui manquent, et lorsque j’ai parcouru le parvis de Sainte Cécile, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée pour Jacques, Marc et Marc Pierre DELMAS, trois générations de paveurs à Albi.
Bref, dans mes recherches généalogiques je ne me limite pas à mes ascendants directs.
J’ai donc cherché un éventuel mariage de Cécile DELMAS.
Et j’ai bien trouvé le mariage de Cécile DELMAS avec Jean-Louis SARRASY le 30 avril 1823.
Elle avait 38 ans et il en avait 40, pas tout jeune pour l’époque et aucun n’est veuf ou veuve...
Voici ce que j’ai découvert en lisant leur acte de mariage :
Cécile et Jean-Louis avaient eu une fille, prénommée Louise Cécile DACIAN, qu’ils ont été contraint d’abandonner à sa naissance :
« Les époux ont déclaré qu’il est né d’eux un enfant du sexe féminin, inscrit sur les registres de l’état civil de cette commune en date du 20 octobre 1815 et sous les nom et prénom de D’ACIAN Louise Cécile trouvé dans la tour de l’hospice de cette ville le 19 octobre 1815 à minuit et demi, lequel enfant a été reconnu par le dit Jean Louis SARRASY et Cécile Marie Anne DELMAS ses père et mère par acte passé le 24 novembre 1818 devant Maître Julien notaire audit Albi lequel dit acte nous a été présenté lesquels ils reconnaissent de ? fort pour leur fille pour y celle être regardé comme légitime en exécution de l’article 331 du code civil. »
J’ai alors recherché l’acte de naissance de cette petite Louise Cécile :
et voici son contenu :
Aujourd’hui 20 octobre mil huit cent quinze à 9 h du matin par devant nous Pierre Jean Jacques MARIES adjoint à la mairie d’Albi, chef lieu du département du tarn, remplissant en l’absence du maire les fonctions d’officier de l’état civil. Est comparu André NASSES portier à l’hospice civil dudit Albi âgé de 70 ans y demeurant lequel nous a déclaré que le jour d’hier à minuit et demi il a été trouvé dans le tour dudit hospice un enfant tel qu’il nous la présente.
Sa tête était couverte d’un serretête de toil, d’un bonnet d’indienne rouge et vert de deux band’eaux un de rabier garni en dentelle et l’autre d’indienne violette et blanche.
Son corps était enveloppé d’une chemise garnie d’un corsset de drap gris d’une bourrasse et de trois cottes dont une de drap gris et les trois autres à raies blanches et bleués ; après avoir visité
l’enfant avons reconnu qu’il était de sexe feminin qu’il parraissait être naissant. On a trouvé sur sa poitrine le billet ci-inclus :
« Je suis née le 16 octobre 1815, je n’ai pas été baptisée ni n’ai reçu l’eau, je désire être appelée Louise Cécile. Née d’un commerce illégitime, je n’en suis pas moins la cher de mes père et mère qui sont forcés malgré eux de me reléguer dans l’azile de l’infortune pour cacher aux yeux d’un public toujours injuste, auquel cependant ils ne doivent aucun compte à leur amour et ses suites fâcheuses. Ayez soin de cette pauvre orpheline moi qui ne suis cause de rien.»
De suite avons inscrit l’enfant sous les nom et prénom de Louise Cécile DACIAN et avons ordonné qu’il fut remis à l’économe de l’hospice civil de cette commune de quoi et avons dressé le
procès verbal en présence de Guillaume Rustan propriétaire âgé de 68 ans et de Jean Mader herboriste âgé de 54 ans habitans dudit Albi qui ont signé avec nous après que lecture leur a été faite du contenu au présent procès verbal. Le déclarant de ce requis a déclaré ne savoir signer. Rastier, Mader Mercies ont signé.
Compte-tenu de la mention finale de l’acte de mariage :
« Jean Louis SARRASY ainsi que les témoins ont affirmé par serment ne savoir ni ou ni quand sont décédés ses parents. »
et sachant que les parents dudit Jean-Louis SARRASY sont Antoine SARRASY décédé le 19 décembre 1817 et Marguerite Cécile REVELLAT décédée le 4 avril 1794. Ils étaient tous les deux domiciliés au faubourg du bout du pont, lieu de naissance également de Jean-Louis SARRASY. Tout porte à croire qu’il avait coupé toute relation avec ses parents. On peut donc en déduire qu’ils étaient les responsables du refus de mariage entre Cécile DELMAS et leur fils.
Pour quelle raison ?
Différence de milieu social ?
- Jean-Louis SARRASY était tisserand et son père était propriétaire.
Différence de religion ?
- ne dit-on pas dans la famille qu’il y aurait des protestants, à ce jour je n’en ai trouvé aucune trace …
Louise Cécile aura eu une vie courte, qui a mal commencée, elle décède à 28 ans à Albi, elle était repasseuse ... mais j’espère qu’elle aura quand même été heureuse ...
A priori, Jean-Louis et Cécile n’ont pas eu d’autres enfants ( rien trouvé à Albi entre 1821 et 1832).


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